13) La Parole Bleue Azur par AV
Lorsque je n’ai rien à dire…
Le silence est ma réponse.
Et lorsque j’ai envie de dire quelque chose qui desservirait mes valeurs-Vie…
La Parole Bleue Azur est mon refuge.
J’ai nommé « La Parole Bleue Azur » cette manière de tourner sept fois — ou davantage, si nécessaire — ma langue dans ma bouche avant de parler… pour ne rien dire d’inutile.
Voici l’histoire qui soutient cette pratique.
Les trois tamis
Un jour, alors qu’il quittait le portique où il venait de converser avec un groupe de jeunes gens, un vieux sage, que nous nommerons Socrate, en hommage au philosophe bien connu, se trouva face à un homme qu’il connaissait.
Celui-ci lui dit, sur un ton confidentiel :
— Écoute, Socrate, il y a parmi tes auditeurs un jeune homme peu recommandable, indigne de ta confiance. Quand je t’aurai décrit ses agissements, je pense que tu le banniras de ton groupe.
— Je suis prêt à t’écouter, répondit Socrate, et à prendre les mesures qui s’imposent. Mais laisse-moi d’abord examiner de plus près ce que tu t’apprêtes à raconter. As-tu fait passer tes paroles à travers les trois tamis ?
— Les trois tamis ? Qu’est-ce que c’est ? demanda l’homme.
— Le premier est celui de la Vérité.
Es-tu certain que ce que tu vas me raconter est vrai ?
L’as-tu vérifié ou observé de tes propres yeux ?
— À vrai dire…, répondit l’homme après un instant d’hésitation, je l’ai entendu raconter, mais je ne l’ai pas constaté moi-même.
— Le premier tamis n’est donc pas franchi, répondit Socrate.
Passons au second.
Le tamis de la Bonté.
Ce que tu veux me raconter est-il bon ou positif pour cet homme ?
— Au contraire…, j’allais en dire du mal.
— Tes paroles ne passent donc pas non plus le deuxième tamis.
Voyons maintenant le troisième :
Le tamis de l’Utilité.
Est-il vraiment utile que je l’exclue de mon cercle ?
Ne vaut-il pas mieux qu’il reste auprès de moi afin de bénéficier de mes enseignements et de progresser ?
L’homme réfléchit un instant.
— Je crois que tu as raison.
Si je t’ai bien compris, chaque fois que j’aurai envie de parler de quelqu’un, je devrai faire passer mes paroles à travers ces trois tamis ?
— Tu as parfaitement compris, répondit Socrate.
Et si un seul des trois tamis ne laisse pas passer tes paroles…
Renonce.
Ce sera préférable.
Merci infiniment à cet auteur inconnu pour cette très belle histoire philosophique inspirante.